Le vénérable H., moine de tous les soulèvements en Birmanie

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LETTRE DE BIRMANIE Le vénérable H. pose les doigts levés (signe de ralliement de la révolution birmane) devant l’université de Loikaw, le 27 janvier 2024. LE MONDE Crâne rasé, une épaule dénudée dans sa robe orange, Ashin H. (Ashin signifie « vénérable » en birman) est un moine engagé. Pour apporter son aide à ceux qui en ont besoin, et visualiser les progrès tactiques de la « révolution birmane » – l’insurrection contre la junte militaire qui a renversé le gouvernement d’Aung San Suu Kyi, le 1er février 2021 –, il parcourt les zones « libérées ». Dans l’Etat Kayah (est de la Birmanie), nous l’avons suivi plusieurs jours lors d’un discret périple jusqu’à Loikaw, la capitale, où la Force de défense des nationalités karenni (KNDF) encercle les positions de l’armée birmane, retranchée dans sa base. Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En Birmanie, dans les zones « libérées » par les combattants anti-junte Le vénérable H. fut l’un des leaders de la « révolution safran » de 2007, le mouvement de protestation des moines bouddhistes contre une junte militaire précédente. Parti en exil en Norvège, il est revenu se consacrer à cette nouvelle révolution, qui rassemble une coalition multiethnique et multiconfessionnelle de combattants prodémocratie. Le moine birman lève des fonds lors de tournées partout dans le monde. Il finance l’aide à des infirmes dans les marges frontalières entre Birmanie et Thaïlande. Le NUG, le gouvernement souterrain de la résistance qui se réclame de celui renversé en 2021, a officiellement fait de lui un « partenaire pour le soutien international ». Combat pour l’œcuménisme « Je suis si content de ne pas manger seul », nous dit-il, dans un poste de commandement de la résistance karenni, une nuit fraîche de la fin janvier. Les jeunes combattants ont sorti une guitare et entonnent les tubes birmans. En Birmanie, un moine est un VIP, même en terre chrétienne, comme dans ces montagnes de l’arrière-pays karenni. Il doit respecter une certaine étiquette. « En principe, on me fait toujours manger seul, avant les autres », rappelle-t-il. Dans les planques vétustes qui nous hébergent, son aide de camp prépare la natte, balaie le sol. On le reçoit avec déférence, lui offrant des fruits, lui donnant le meilleur siège. Lire aussi : Article réservé à nos abonnés En Birmanie, la junte subit la pression croissante de multiples attaques des guérillas Le soir, le vénérable H. est souvent celui qui allume une bougie – il n’y a pas d’électricité – sur les petits autels, où est posée une Vierge Marie. Un bienfaiteur birman de confession musulmane, qui vit depuis vingt-quatre ans en Malaisie où il a sa propre affaire, nous accompagne, lui aussi venu verser directement son obole aux soldats de la révolution et aux réfugiés. Mes deux compagnons de voyage se mettent en tête d’acheter une vache pour les combattants du front. A Demoso, deuxième ville de l’Etat Kayah, les prix sont montés à 400 dollars. Il faut s’approcher de Loikaw, où se trouve la ligne de front, pour que les prix baissent – la prime au risque. Ils en trouveront une, pour deux fois moins cher. Il vous reste 60% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

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Author : News7

Publish date : 2024-02-07 04:11:19

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