Au Kazakhstan, un changement de gouvernement pour prévenir une crise sociale

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Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, à une session de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), à Minsk, en Biélorussie, le 23 novembre 2023. SERGEI GUNEYEV / AP Exit les ministres du « bloc social et économique » du gouvernement en place depuis janvier 2022, au moment du « Janvier sanglant » durant lequel des manifestations et des émeutes à travers le pays ont été réprimées par balles. Alikhan Smailov, le premier ministre, a été limogé lundi 5 février. Il paie pour un taux d’inflation record, qui a atteint le rythme annuel de 25 % en 2023 et rongé le pouvoir d’achat des 19 millions de Kazakhs. Son gouvernement a, depuis, fait redescendre ce taux à 9,5 %, mais son impopularité est devenue toxique pour l’autoritaire président Kassym-Jomart Tokaïev. Respectant la tradition d’opacité et de langue de bois en place depuis l’indépendance de ce vaste pays d’Asie centrale en 1991, le chef de l’Etat s’est contenté de justifier le départ de son premier ministre par « le besoin de donner une nouvelle impulsion à l’activité du gouvernement », relève l’agence de presse officielle Kazinform. Cinq autres ministres prennent la porte, tous membres du bloc économique : finances, agriculture, santé, économie et commerce. Le reste du gouvernement reste inchangé. Deux ministres de ce même bloc (industrie et BTP, énergie) sauvent leur poste, sans doute du fait qu’ils ne l’occupent que depuis neuf mois. Le ministère de l’énergie est particulièrement sensible car il fixe les tarifs domestiques de certains carburants. Les troubles de janvier 2022 avaient été provoqués par une brusque augmentation des prix du gaz utilisé pour le chauffage de millions de foyers paupérisés. Peu diversifiée et concentrée entre les mains d’un groupe d’oligarques, l’économie kazakhe reste aussi très vulnérable aux chocs extérieurs causés par les prix de l’énergie. « Se décharger de toute responsabilité » « Les échecs de l’économie et du secteur énergétique, l’inflation élevée, les faibles revenus de la population : tous ces facteurs négatifs incitent le président à user d’une possibilité technique de pousser le gouvernement à la démission et de se décharger, ainsi, de toute responsabilité pour les échecs des deux dernières années. C’est exactement ce à quoi nous assistons », relève le politiste proche de l’opposition Dimash Aljanov. Pour celui-ci, « Smailov est victime de l’absolutisme présidentiel, à la suite de tous les premiers ministres du Kazakhstan ». Le politiste note que les médias officiels, qui se sont abstenus de critiquer le premier ministre sortant pendant deux ans, chargent soudainement sa barque « afin d’ôter au président la responsabilité des problèmes ». Il vous reste 55% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

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Author : News7

Publish date : 2024-02-07 21:50:06

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